Phil CHARDON
Ma vision de la musique fut brusquement embellie lors de ma première rencontre avec la harpe par le biais d’un livre sur la Mésopotamie qui me fut offert par ma grande sœur, une fana d’archéologie, ce qui n’était évidemment pas mon cas, car ma zone de fouille se limitais à la vieille maison en ruine en haut de la colline à la recherche du bon morceau de contre-plaqué pour construire ma première guitare.
Ah ! oui, j’oubliais de vous dire que mon père , l’homme que je soupçonne d’avoir jouer du saxophone durant l’accouchement de ma mère, m’a définitivement inoculé le virus de la musique en me « traînant » dans ses répétitions d’après le langage réfractaire de ma mère , terme qui s’apparente plutôt au mot « vagabondage ».
Un jour, à notre retour d’un de nos nombreux « vagabondage », un musicien du big band oublia son énorme valise dans la Dauphine de mon père, il faut dire qu’après avoir chercher l’inspiration durant trois bonnes heures, il paraissait évident qu’un petit punch s’imposait pour revenir les pieds sur terre, mais curieusement lui, il avait « la tête en l’air ».
Je n’hésita pas à porter une indiscrétion dans la dite valise au grand désespoir de ma mère qui estimais que je « fouillais dans ce qui ne m’appartenait pas » ce que j’y découvrit m’émerveilla !!!. Au point que je simulais une maladie afin que ma mère connaissant les remèdes à tous les maux, m’offrit ma première guitare.
A dix ans j’exprimais un désintérêt certain pour ce gros tas de pages reliés entre eux qui venait de mettre offert.
La désinvolture avec laquelle je me débarrassais de chaque feuille en espérant y découvrir des images semblait être pour ma sœur un moment de grande interrogation sur l’avenir scolaire de son petit frère, quand soudain mon visage s’illumina, j’étais pétrifié de bonheur ! je venais d’avoir mon premier coup de foudre ! sous mes yeux apparaissait la harpe sous toutes ses formes des plus anciennes jusqu'à nos jours (égyptienne, africaine, sud américaine, celtique et classique )
et tel qu’Ulysse, je rêvait de grand voyage pour m’en octroyer une , et revenir l’introduire dans la musique de mon père, et peut être un jour dans la mienne, car déjà à l’aide des deux 45tours de musique celtique en l’occurrence « les Cheftains et Alan Stivel » que j’avais trouver
dans les bagages mon « pater » qui revenait d’un long séjour à Paris, je m’aventurais déjà à imaginer un nouveau concept musical. Une obsession qui ne me quitta plus jamais.
Dur la vie, car les expériences auprès des groupes «se finissent mal «comme dirait la chanson. D’innombrables musiciens considéraient que mon projet frisait l’aberration, et bien évidemment cela ce terminait par le limogeage pure et simple de ma personne et de mon «idée créatrice» nom dont j’ai hérité dans le milieu.
Sur la porte du conservatoire était mentionné «Audition harpe» Sur aucun document n’y figurais mon nom, mais mon âme y était inscrite. J’entrais sans savoir à quel point mon aventure artistique allait être terriblement difficile mais O combien merveilleuse!!!
Des harpes! Des harpes ! Des harpes magnifiques! Fantastiques! Je suis Alice (au masculin) au pays des merveilles! Pas un mot sur terre pour traduire la véritable magnificence de ce fabuleux joyau. J’étais aux anges !! Oh pardon !!J’étais avec les anges, et c’est comme cela que je considère les élus qui ont le don et le privilège de jouer cet instrument.
Il y en a qui s’imaginent entendre des voix (sourire!!!), mais moi c’est avec certitude que j’ai entendu celles des harpes qui semblent désormais me mener vers une direction artistique différente.
C’est submergé par l’émotion que je me réfugiais dans les toilettes du conservatoire ou j’y vécu « le jour le plus long », car comment sortir de la lorsque les larmes vous inonde le visage comme le Nil, et que vous avez les yeux aussi rouge qu’un coucher de soleil ?
Désormais j’avais compris le message. Tout ce que j’avais essayé de faire dans ma vie et que j’avais si pitoyablement échouer me paraissait d’une logique implacable puisque cet instrument n’était pas encore entrer dans ma vie !
ZOUK CELTIC!!!
Mariage réussie entre la musique Zouk et la musique traditionnelle Irlandaise! Cela semblait être une idée simple, facile à réaliser, mais c’était sans compter sur les âmes de mauvaise volonté dont j’ai eu la grâce de m’entourer. rire!!!
Sacré menu :
incompréhension à l’entrée, moquerie au plat de résistance, et mépris au dessert ! sourire !!!!, mais ayant un système digestif nommé « persévérance » , la digestion s’opérait sans souci..
Le souhait de faire connaître, d’amener cet instrument vers un univers différent de celui dans lequel il évolue, me pousse vertigineusement vers l’avant. Sacerdoce !!! peut être ! Sourire !
L'absus révélateur quand je répondis à l'agent du comptoir « A simple one-way trip please » sourire! Oui un « aller simple » pour partir en Irlande « comme pour ne plus en repartir » le pays ou je devrait trouver les réponses à toutes mes interrogations artistiques et existentielles.
Physiquement j'étais dans l'avion , mais mon âme avait déjà une bonne longueur d'avance puisqu'elle survolait déjà les falaises de Moher ! J'étais euphorique!
Dublin ! la ville qui hanta mon esprit depuis 30 ans était la sous mes yeux Sublime! Les 70 pulsations de mon cœur semblaient vouloir passer à 170 ! que se passe t-il ? Que m'arrive t-il ? Oh ! Pas d'inquiétude! tout va bien! La première bouffée d'air respirer dans le pays de Cuchulaim venais de me donner la réponse au vrai sens de ma vie.
« Si tous les enfants du monde se mettaient à jouer de la harpe, alors peut être que la terre tournerait dans l’autre sens, et que notre monde retrouverait enfin ses esprits ».
Parole d’un petit garçon de dix ans en Martinique, il s'appelait
Phil CHARDON.